« Je ne veux pas mourir ! Je ne veux pas mourir ! »
répétait sans arrêt une petite voix lancinante, à l’intérieur
même de sa tête. Elle fit quelques pas avant de trébucher encore
une fois et tomba à genoux.
- C’est fini, ma petite Albane !
Devant elle venait d’apparaître la
silhouette familière de cet homme qui l’avait si odieusement
meurtrie. Tous les moments où elle lui avait fait une confiance
aveugle remontèrent à sa mémoire.

Elle étouffa un sanglot. Il se pencha vers elle, lui
caressant la joue tendrement.
- C’est vraiment dommage de devoir te tuer, ma petite
fille ! Tu as du cran, et de l’endurance, et un sacré courage
! Tu aurais nous seconder avec tellement d’efficacité ! Quel
dommage que tu aies refusé mon offre !
- Je t’en prie ! gémit-elle. Je t’en prie,
laisse-moi partir !
Elle essaya encore de s’enfuir et comme
pour jouer, il la laissa s’éloigner de quelques mètres avant
de la rattraper en riant.
- Tout beau ! Reste-là mon petit chat sauvage ! Où veux-tu
encore te sauver ? Nous sommes sur une île, sais-tu ?
L’homme tira de sa poche une fine
cordelette en Nylon et attacha les poignets de la jeune fille en
serrant bien les nœuds. Il fit la même chose pour ses
chevilles, puis l’attrapant sans ménagement, il la jeta comme
un sac sur son épaule.

Un hélicoptère attendait devant le vieux manoir. Il la
déposa brutalement sur le plancher avant de grimper à son tour à
bord de l’engin.
- Vas-y, Martin ! Décolle ! Tu vas jusqu’au milieu de
la baie. On va aller faire un petit tour au ras des flots, ma toute
belle ! lança-t-il à la jeune fille qui sanglotait, allongée sur le
sol.
- Ne me tue pas ! balbutiait-elle sans arrêt. Je t’en
supplie, ne me tue pas ! Je ferai tout ce que tu voudras ! Je te le
jure ! Je ne veux pas mourir !
- Et pourtant, ton dernier voyage va s’accomplir, ma
gentille petite fille. Je sais très bien que si je te laisse en vie
maintenant, tu dévoileras au grand jour tous mes projets, ce qui
n’arrangerait évidemment pas mes affaires ! C’est
pourquoi je suis obligé de te tuer pour garantir ton silence, pour
l’éternité. C’est bon, Martin ! cria-t-il au pilote.
Descends plus près de l’eau. Voilà, c’est parfait.
»











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