« Alors, de quoi parliez vous donc avant mon réveil ? demanda Albane pour détourner la conversation.
- De vous, mademoiselle Folly ! fit le juge.
- De moi ?
- Vous êtes en danger, Albane ! s’exclama-t-il. Je crains que vous ne puissiez être une cible privilégiée pour ces criminels. Après tout, vous êtes la seule à pouvoir encore les identifier.
- Mais je ne me souviens de rien ! s’écria-t-elle. Je ne peux pas les identifier !
- Ils ne voudront pas courir de risque ! Il vous faut disparaître… continua-t-il. Et nous avons deux options à vous présenter. La première, c’est de vous installer dans une maison stérile protégée par l’armée. Vous y seriez en sécurité absolue, mais évidemment à l’écart de tout. La deuxième, c’est de changer de nouveau d’identité et de vous installer à des milliers de kilomètres d'ici. La première solution serait plus fiable pour votre sécurité, mais la seconde serait mieux pour votre moral.
- Au lieu de disserter sur mon sort, dites-nous plutôt ce que vous avez trouvé de nouveau ! protesta la jeune femme, qui n'appréciait pas du tout qu'on prenne ce genre de décisions à sa place.
- Dès que nous avons reçu vos informations, expliqua le juge, nous avons envoyé un commando sur l’île. Mais c’était déjà trop tard ! Nous n’avons trouvé qu’un laboratoire de chimie, et des hangars vides dans les sous-sols. Il n’y avait plus rien, mis à part quelques résidus radioactifs, et un cadavre égorgé. Celui de Gérard Barrault…

- Mon Dieu ! Barrault ! s’exclama la jeune femme, écœurée. Je ne l'ai jamais supporté, mais jamais je n'aurais voulu qu'il lui arrive une telle horreur !
- C’était un très bon ami de ton père ! murmura Manny d’une voix atone. J'étais tellement sûr de pouvoir lui faire confiance… C’est lui qui a trafiqué les dossiers pour compromettre Oksana-Corporation. Chez lui ont été trouvés des restes de plastic… Il était spécialiste en explosifs pendant la guerre d’Algérie… C’est probablement lui qui a piégé ta voiture !
- Oh ! Non ! hurla-t-elle, horrifiée.
- Ils l’ont exécuté parce qu’il était le fil qui pouvait nous permettre de remonter jusqu’à eux. expliqua Véry. Sans doute n’avaient-ils plus besoin de lui et ce ne sont pas les scrupules qui les étouffent ! Je suis même sûr qu'ils l'ont laissé là exprès pour que nous le trouvions. Le pire est que nous sommes dans l’incapacité totale de les localiser, eux et leurs stocks de combustible nucléaire, de substances toxiques et de stupéfiants, du genre de celui qu’on vous a fait absorber…
- Il faut absolument les retrouver… murmura Albane, angoissée.
- Justement, il existerait une solution, Albane… Qui nous permettrait de les retrouver plus facilement… Que vous soyez un appât… Sous protection évidemment !
- Vous ne m’aviez pas raconté tout ça ! se récria soudain Jonathan. Vous vous rendez compte de ce qui va lui arriver si votre protection est défaillante ? Je ne veux pas que vous fassiez courir le moindre risque à Albane !
- Je suis d’accord avec monsieur Fersen ! renchérit Emmanuel Folly. Il est hors de question qu’Albane risque sa vie !
- Jon ! Manny ! C’est mon problème ! s’exclama cette dernière en se dressant d'un bond. Si je peux aider à coincer les salauds qui m’ont enlevée, et qui se livrent à ces trafics, je veux tenter l’expérience !
Le juge esquissa un sourire.
- J’aurai une question à vous poser, monsieur Fersen. Où étiez-vous donc pendant les quatre ans qui ont suivi votre divorce ?
Jonathan sursauta, le visage sombre.
- Ça ne vous regarde pas ! lâcha-t-il d’un air sombre. J’étais en congé sabbatique, dans les Caraïbes, tout seul !
- Ça c'est la version officielle… J'ai un excellent ami à Langley… Les services secrets m’ont envoyé un dossier vous concernant, monsieur Fersen.
- Taisez-vous ! cria le biologiste.
Albane et Emmanuel Folly échangèrent un regard surpris.
- Mission Omega… prononça le juge et Jonathan se prit la tête entre les mains. Rappelez-vous, monsieur Fersen. Votre mission d’étude mandatée par l’O.N.U. dans un pays dont je tairai le nom… Les effets de certaines armes chimiques que vous deviez constater sur l’écosystème marin… Et que vous avez pu voir aussi sur les autochtones…
- Arrêtez ! Je vous en prie ! gémit-il, torturé par des visions de cauchemar qui réapparaissaient devant ses yeux.
Albane posa la main sur son épaule, inquiète de la réaction de son amant.

- Il s’agit des mêmes produits, monsieur Fersen. Mêmes produits, mêmes effets… Vous avez aidé l’O.N.U. et les G.I.’s américains à démanteler un réseau qui fabriquait et distribuait ces horreurs, dépassant ainsi largement le cadre de la mission d’un civil. Et aujourd’hui, vous voudriez me faire croire que vous renonceriez ?
Jonathan se calma petit à petit, et se rassit en face du juge.
- Je comprends ce que vous voulez dire, et je veux bien vous aider de nouveau. Mais ne faites pas courir de risque à Albane !
- Elle est le seul lien, monsieur Fersen.
- Et je veux courir ce risque ! coupa-t-elle. Tu comprends, Jon, je veux qu’ils payent ce qu’ils m’ont fait, et dont je ne me souviens même pas ! Tant que je ne saurai pas quelle est cette personne que je connais, et en qui j’avais manifestement confiance, je ne pourrai pas vivre tranquille !

- Alors, je veux être armé, en permanence. prononça Jonathan en attirant la jeune femme dans ses bras. Je veux que tu restes avec moi, et je veux aussi participer à ta protection !
- Tu veux rester avec moi ? sourit-elle, enjôleuse.
- Je ne suis pas sûr que tout ça soit bien raisonnable… marmonna Manny.
Ils parvinrent à se mettre d’accord, et les deux jeunes gens repartirent pour la Bretagne, où miss “Océane Lucas” devait s’installer chez son fiancé. Ils avaient supposé que, même en ayant déserté Kervarech, leurs mystérieux ennemis garderaient un œil sur le village.
Fin de MAJ










ils sont trop mimi 
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